CINQ EXECUTIONS SOMMAIRES DIMANCHE MATIN EN IRAN
Le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad a procédé à cinq exécutions le dimanche 9 mai 2010, dans la matinée dont quatre sont d’origine kurde d’Iran.
Les victimes sont les personnes suivantes : Farzad Kamangar, Ali heydarian, Rahad vakili, Shirine alamhouli, Mehdi Eslamian.
Ils ont été exécutés dans des conditions obscures. Selon leurs avocats, moins de 6 minutes leur ont été accordées pour leur défense. En plus de l’horreur de la peine de mort en tant que telle, nous sommes particulièrement choqués par le fait que la peine de mort est utilisée par les autorités de la République Islamique d’Iran comme une arme de répression à l’encontre d’opposants et de manifestants pacifiques et visant plus particulièrement des prisonniers politiques et d’opinion.
Ces exécutions surviennent à la vielle de l’anniversaire du 22 khordad (le mois du juin), moment de l’élection frauduleuse de 2009.
Les récents événements en Iran font craindre que les autorités n’utilisent une nouvelle fois les exécutions comme un instrument visant à étouffer l’agitation politique pour intimider la population afin d’’empêcher la contestation des gens en ce jour du 22 khordad.
La peine de mort est une barbarie. Sur l’ensemble de l’année 2009, pas moins de 388 prisonniers ont été exécutés en Iran – chiffre record enregistré par Amnesty International ces dernières années -.
En 2009, l’Iran était le premier pays au monde en ce qui concerne le nombre d’exécutions par habitant et le deuxième en chiffres absolus, derrière la Chine.
Les chiffres recueillis par diverses organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, laissent à penser que le nombre annuel d’exécutions a presque quadruplé depuis l’arrivée au pouvoir du président Mahmoud Ahmadinejad, il y a cinq ans. Bon nombre des personnes exécutées n’ont pas bénéficié de procès équitables.
En commentant l’événement qui nous occupe ici, les médias occidentaux se sont focalisés encore une fois sur deux aspects certes importants, mais hors sujet par rapport aux préoccupations réelles du peuple iranien: d’abord, les occidentaux se focalisent sur le manque de réponses satisfaisantes dans le dossier nucléaire et ensuite sur la énième provocation anti-israélienne proférée par Téhéran.
De manière incroyable, les atrocités commises par la République Islamique d’Iran depuis l’élection présidentielle du 12 juin 2009 semblent susciter moins d’attention.
Rappelons-les, pourtant, encore une fois : des milliers de personnes ont été arrêtées depuis le 12 juin 2009 ; plus d’une centaine de personnes assassinées par les forces de sécurité ; plus d’une centaine de disparus ; usage systématique du viol de détenus ; procès à grand spectacle ayant pour objet l’humiliation des accusés et l’intimidation de la société dans son ensemble ; ces faits s’ajoutant aux nombreuses exécutions, arrestations politiques et autres violations des droits de l’homme qui remontent à plusieurs années.
Nous condamnons fermement l’acte criminel du Régime de la République Islamique d’Iran et demandons à toutes les organisations belges de défense des droits de l’homme ainsi qu’à la communauté internationale à exprimer leur vive protestation contre ces crimes.
Il n’est pas trop tard pour la communauté internationale de remettre le respect des droits de l’homme et de la démocratie au cœur de sa politique vis-à-vis de la République Islamique d’Iran. Mais il faudrait alors clarifier, haut et fort, que la violation de la Charte des DROITS de l’HOMME des Nations Unies est considérée avec le même sérieux que la violation supposée du Traité de Non-Prolifération Nucléaire.
Comment ?
En votant des sanctions ciblées à l’encontre des membres des forces de sécurité iraniennes ; en votant au Conseil de Sécurité une Résolution interdisant l’exportation vers l’Iran de toute technologie qui permette au régime d’espionner son propre peuple et ainsi que les militants des droits civils ; en nommant au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies un Rapporteur spécial sur l’Iran avec un mandat large pour enquêter sur les violations des droits de l’homme.
Autant de moyens de pression possibles pour que la République islamique mette fin à la répression de la population et à l’arrêt immédiat des exécutions voire à
l’abolition de la peine de mort et enfin à la libération de tous les prisonniers politiques.
Ali Samad
Militant de droit de l’homme en Iran- Belgique
alisamadpouri@yahoo.fr
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